Diane Langlumé - Journaliste

Critique de "Accadde a Roma nell’anno 2000" d’Alberto RONCHEY

Essai (129 pages)

octobre 1998 par Diane Langlumé

RESUME & CRITIQUE :

Ronchey débute son essai par un parallèle entre la Grande Peur de l’An Mille et l’attente fiévreuse de l’An 2000. En effet, si la première passa relativement inaperçue (le peuple étant inculte et ne possédant pas de réelle notion de temps), il n’en sera pas de même à l’aube du troisième millénaire, dont l’avènement suscite une effervescence sans précédent. A Rome, de surcroît, l’An 2000 coïncide avec l’année du Jubilé, et plusieurs millions de touristes et de pèlerins confondus devraient envahir la ville en cette occasion. C’est le prétexte du livre de Ronchey qui pourrait s’intituler “les méditations d’un Romain sur Rome”.

Et Ronchey d’égrener les chiffres et les gros titres des quotidiens italiens, d’analyser l’impact de cette marée humaine sur la ville. En passant, il critique toutes les plaies de l’Italie : l’inefficacité des politiques, le manque chronique d’infrastructures, l’urbanisation sauvage, le mépris du patrimoine, l’argent gaspillé. Ronchey discute en long et en large de la construction (finalement abandonnée) d’un parking de 800 places sous le Gianicolo. Quand il ne se lamente pas du fait que la troisième ligne de métro de Rome soit en construction depuis des années alors que Paris construit sa quatorzième ligne en quatre ans. Tout cela est sans grand intérêt pour un néophyte et de surcroît pour un étranger non familiarisé avec ce que l’on pourrait appeler “l’italianocentrisme”. Néanmoins, les recherches entreprises sont méticuleuses, le texte est bien écrit, malgré une surcharge de citations inutiles (Hawthorne p.52, Milton p.63, Hardy p.65, Emerson p.65, etc.) qui évoque plus un étalage culturel qu’une réflexion bien menée (détail agaçant, l’auteur se gargarise de mots anglais en permanence : “human traffic jam” p.64, “trend” p.67, “audience” et “share” p72, etc.) . On ne peut que regretter que Ronchey n’ait pas eu le sérieux de rédiger son opuscule sous la forme d’un essai structuré qui aurait parfaitement trouvé sa place dans une revue spécialisée ; sous cette présente forme, le texte est trop confus et répétitif, et en dépit du côté anecdotique de sa structure fragmentaire, il n’y a vraiment pas là de quoi rire ni s’amuser (à une ou deux exceptions près : p.51 et p.79) : l’on s’ennuie ferme sans même avoir la consolation de s’instruire.

STATUT :

Publication refusée chez Albin Michel.

Jamais traduit ou publié en France à ce jour. Toujours disponible en Italie.



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